100 jours en K-m : premier bilan d’une prise en main « experte »
Salut à tous !
En lisant sur le Forum K10D ici l’intérêt que certains photographes experts portent
au Pentax K-m, l’idée m’est venue de faire un petit bilan personnel de mes premiers
100 jours d’utilisation avec le petit chouchou.
Je suis obligé de préciser que ce tour d’horizon est fait par un photographe « expert »
qui ne s’est jamais servi des fonctions « tout automatique » pour lesquelles le K-m
a été conçu ! C’est un reflex numérique d’abord destiné aux grands débutants mais
il se trouve, heureusement, qu’il possède TOUTES les fonctions évoluées de ses grands-frères
K10D et K20D en terme de réglages de prise de vue.
Acheté neuf début décembre 2008, chez Photo-Video Gonon sur Ebay France pour la somme
de 419€ (+10€ de port), avec son zoom DA-L 18-55 et une garantie de 4 ans, mon K-m
totalise aujourd’hui environ 2700 prises de vue...
Sur ce boitier, j’ai utilisé, outre le DA-L de base, les objectifs Pentax smc F 50mm
f1.7, Pentax DA 35mm f2.8 Macro Limited, Sigma EX DC 30mm f1.4, Jupiter 9 85mm f2
M42 et Sigma APO Macro 70-210mm f3.5-4.5.
J’ai shooté principalement en Raw PEF au format image _IGP (adobe couleurs, que je
trouve moins claquantes que le format _IMG de Windows couleurs).
J’ai aussi beaucoup utilisé le développement direct des raw en Jpg dans le K-m et
toutes les combinaisons de filtrages Jpg que le K-m propose en post-traitement intégré.
Seul manque, aucun essai avec les Flashs dédiés FGZ Pentax dans lesquels je n’ai
pas encore investi.

LES GRANDES SATISFACTIONS de mes 100 jours en K-m

Le premier constat positif qui me vient à l’esprit est la compacité et la légèreté
du K-m ! J’ai gardé la toute fine courroie de cou Pentax fournie dans le kit car
même avec elle le boitier ne pèse rien sur l’encolure. A l’inverse, avec le K10D
et son grip utilisé pendant 18 mois auparavant, j’avais dû installer une large courroie
en néoprène souple pour compenser le cisaillement sur les épaules. A présent, je
ne ressens jamais de gène en balade.
Sur le terrain, avec les prises de vue orientées à la verticale on ne ressent nul
besoin de saisir la poignée avec la paume de la main : le K-m peut être saisi du
bout des doigts, le grip devient quasiment inutile.
En studio, monté sur la rotule omnisphère de mon trépied, les réglages sont d’une
souplesse et d’une précision si faciles que deux doigts (pouce/index !) suffisent
à orienter l’apn.
L’utilisateur « feignant » qui rechigne à ployer sous son matériel sera Heureux (!)
avec un K-m et la trilogie Limited 21/40/70 ! Moins d’un kilo de matériel pour tout
photographier en qualité pro !
La deuxième grande satisfaction concerne la précision des réglages, tant au niveau
de l’exposition que de l’autofocus.
Je shoote à 90% en cellule pondérée centrale, et 10% en mesure spot. Je n’ai jamais
aimé la mesure multizone que je trouve très aléatoire (tendance à sous-exposer l’image
avec la présence du ciel par exemple). Pour les scènes normalement contrastées/éclairées,
je n’ai jamais besoin de rentrer une correction d’expo : les histogrammes sont équilibrés,
quasiment jamais à droite (signe de sur-ex). Pour les lumières difficiles (coucher
de soleil par exemple), il faut cependant introduire la correction. Le bouton +/-
AV est bien placé au niveau de l’index : facile à utiliser.


Pour l’Autofocus, j’utilise le collimateur central en actionnant l’AF avec le bouton
AF au pouce (couplé à la mémorisation de l’expo). En interdisant l’AF au déclencheur,
cela me permet de faire l’AF une seule fois et de varier ensuite les cadrages sans
besoin de refaire la mise au point. Le DA-L est le plus précis de tous mes objectifs,
jamais pris en défaut. Le Sigma 30mm ne me cause qu’environ 5% de déchets, par exemple
avec une mise au point floue dans les branchages parfois. Le Sigma 70-210 fait parfois
du back-focus (20-30%) sur les longues focales. Avec le DA 35 Ltd, les déchets sont
plus nombreux (40% sur mon dernier test !).
Solution : équiper le K-m avec un dépoli à stigmomètre de Focusing Screen (Hong-Kong
ici) : j’en ai déjà utilisé un sur le K10D et c’est vraiment efficace avec tous les
objectifs, le quadrillage aidant aussi pas mal pour le cadrage !
L’AF du K-m est aussi très discriminant en basse lumière : avec le Sigma 30mm à f1.4,
je peux obtenir le net du premier coup sur la bibliothèque du salon éclairée indirectement
avec une simple petite applique murale tungstène de 40w ! Les exemples dessous sont
bien nets et à droite une capture à 100%.



Autre constat de grande satisfaction : l’autonomie du K-m avec de bons accus Ni-Mh
! Habitué aux excellentes performances des accus Lithium du K10D, j’avoue qu’à l’achat
du K-m, les batteries AA me faisaient douter : j’avais déjà eu les *Ist D et Ds qui
consommaient assez vite les accus rechargeables en balade et j’en avais vite eu marre
de changer de piles sur le terrain...
Avec le K-m, je possède 4 jeux d’accus tout neufs (entre 1900 et 2600 mAh). Je shoote
sans compter, souvent en pose longue de 30s au studio, je bidouille beaucoup sur
l’écran LCD pour filtrer les Jpgs et je n’ai jamais été pris de court par les accus.
En moyenne, je recharge un jeu tous les 3 jours (pendant une nuit) après avoir fait
au bas mot 200 à 300 Raw et 1 ou 2 heures d’utilisation traitement + les transferts
sur PC avec le cable USB (hyper rapides avec une carte SDHC !) : bref, on est vraiment
à l’aise...
Ces accus AA sont très avantageux en terme de coût, surtout si l’on considère l’emploi
d’un K-m en voyage, où l’on ne peut pas toujours recharger ses accus comme on veut
: on trouvera facilement des piles AA alkaline ou lithium (non rechargeables) pour
continuer à photographier (là où un KxxD sera tombé en panne d’énergie !). (Sur la
photo en haut à gauche, on voit une vieille boite de diapos transformée en porte-piles
: on peut y ranger 3x6 accus AA, la tête en haut quand elles sont chargées et la
tête en bas quand elles sont épuisées : pas bête le Mister Caspi ! ;)
Les filtrages dans le K-m : où quand Bébé fait mumuse !
Que ce soit à la prise de vue (en Jpg seulement) ou en post-traitement des Raws ou
Jpgs directement dans le boitier, le K-m est un apn très ludique, qui permet de « relooker »
ses images artistiques ! Idéal pour se passer d’un PC en voyage : on s’allonge sur
le lit de l’hôtel et on passe deux heures à bidouiller les Raw de la journée pour
les transformer en JPG plus créatifs les uns que les autres ! La planche contact
ci-dessus montre quelques bidouilles variées que j’ai réalisées : un portrait sépia
dessiné, un paysage en NB, un portrait avec l’effet « camera toy » genre vieux Lomo
argentique, un paysage « doux et coloré », un objectif crayonné, une compo de studio
« en HDR », etc.... Les filtrages peuvent se cumuler à volonté les uns plaqués sur
les autres et on a donc l’embarras du choix !
Ce genre de filtrage permet souvent de « sauver » une photo ratée : on peut corriger
l’expo, la WB, le bruit, les couleurs, etc, en plus des filtres créatifs... Bref,
beaucoup de plaisir niché au coeur de ce petit boitier de 600 gr !

Un mot sur la qualité des images : à 100 iso tout est parfait ! On se prive juste
de la fonction D-range (qui n’est disponible qu’à partir de 200 iso) mais on peut
quand même disposer de la fonction « débouchage des ombres » qui est très efficace
et que je laisse toujours sur ON.
A partir de 200 iso, le grain apparait surtout si on doit surexposer en post-traitement
(pour des images très sous-exposées à la prise de vue). A 400/500 iso, le bruit est
présent, mais cela reste très exploitable si l’expo est bien ajustée, très comparable
au rendu du K10d. A partir de 640 iso, je cherche le plus souvent à introduire une
correction d’expo de +1IL qui permet de noyer le bruit dans les hautes lumières,
quitte à rectifier ensuite l’expo globale ou localisée dans Silkypix ou Photoshop
Elements 5.
Pour les « HAUTS ZIZOS », au-delà de 800 iso, je monte carrément à 2500 iso +2IL
en RAW et je développe ensuite le fichier en JPG directement dans le Boitier en redescendant
l’expo de 2 crans : le bruit disparait à 80% et les images sont meilleures qu’à 1200/1600
iso sans manip... (seules les hautes lumières sont brûlées parfois : il faut donc
veiller aux scènes qu’on choisit). Cette méthode est détaillée sur le billet ici.
La réactivité en allumage/déclenchement est exemplaire : aussi rapide que mon Contax
RX argentique. Jamais aucune impression de lenteur à l’enregistrement. Le mode rafale
en jpg est plus rapide que sur le K10d, par contre en mode Raw, après 3-4 images,
il patine dans le semoule pendant quelques secondes de blocage. Si on shoote en jpg
avec les filtres à la prise de vue, l’enregistrement peut bloquer l’appareil pendant
3 à 6 s ! Donc à éviter, mieux vaut inclure les filtres après la prise de vue. Au
studio, en pose longue, le K-m prend aussi beaucoup plus de temps à afficher l’image
(comparé au K10d) : une pose de 30s lui demande facilement 20s de traitement, mais
l’image est bien traitée.
Je trouve donc au final que le K-m dispose d’une latitude d’exposition et de rendu
d’images beaucoup plus large et maîtrisée que son grand frère K10D. Pas question
pour moi de racheter d’occase un K10D. Un K20d ou rien ! (pour le moment, en attendant
le nouveau K30D ...) mais non, finalement je reste en K-m et préfère investir dans
d’autres accessoires (dépoli à stigmo, flash P-TTL, sonde de calibration pour mon
écran PC, etc...)
ET QU’EST-CE QUI FÂCHE sur le K-m ?
L’absence de 2ème molette ! Ah ça oui !
On perd le mode Tav des KxxD, vu qu’avec une seule molette au pouce, on n’a pas accès
au réglage simultané des vitesses et des ouvertures.
On perd aussi le réglage rapide des ISO car, sans la molette côté déclencheur, le
bouton OK ne peut pas appeler l’écran rapide de réglage des isos... Avec cette méthode,
le K10D m’avait habitué à jongler rapidement dans les isos sans utiliser le mode
Sv et ce manque est réel aujourd’hui sur le K-m...
J’utilise souvent le mode Sv avec les objectifs AF qui possèdent le diaph sur A,
mais avec mon objo manuel M42/k, je dois rester en mode Av car le mode Sv est inopérant
: donc réglage des isos en passant par l’appui sur le pad arrière : moins pratique,
certes...
Notons cependant que les iso sont affichés dans le viseur : ouf !
Autre manque pour l’utilisateur expert : disparu le petit écran LCD sur le capot
avec les réglages de base affichés en permanence. Sans lui, je dois souvent appuyer
sur le bouton INFO qui éclaire le grand écran arrière où sont affichés les réglages,
comme sur la photo ci-dessus. Selon l’option choisie dans le menu « préférences »,
cet écran peut rester allumer constamment et il s’éteint lors de l’appui sur le déclencheur
pour ne pas illuminer les yeux lors de la prise de vue. De mon côté, j’ai préféré
le paramétrer pour qu’il soit toujours éteint, afin d’économiser les piles en balade
et il ne s’allume qu’à la demande. D’un autre côté, cet écran est génial en studio
quand on travaille dans la pénombre et il est plutôt bien conçu : on appuie sur le
bouton OK pour rentrer dans les menus et on y navigue avec le pad fléché.


Heu-reux ! ;)
J’ai vraiment la sensation qu’avec le K-m je fais de meilleures photos qu’avec mes
apn précédents... Son rendu image et sa gestion de l’expo sont fidèles et me permettent
d’obtenir des RAW équilibrés qui seront facilement « traitables » dans Silkypix.
En 100 jours, j’ai récupéré à travers mes centaines d’images plus de RAW réussis
qu’avant (en proportion) !
J’ai aussi tendance à le sortir plus souvent : dans mon holster Lowepro, il se cale
facilement entre mes papiers et mes accessoires de ville, quelques centimètres et
grammes en moins, finalement, ça se sent pas mal...
Il me reste à trouver un bon flash, un Ultra Grand Angle pour le paysage et quelques
M42 à trois francs six sous pour faire le tour de mes envies/besoins photos. Le K-m
white sort ce mois-ci en édition limitée, l’occasion pour les Kadistes de s’équiper
avec un 2ème boitier original et performant ! Moi, j’attendrai sagement le K300d
fin 2009... ;)
A+
K-m et Jupiter 9 (85mm f2 monture M42)
K-m et Sigma EX DC 30mm f1.4 : joli caillou assurément...
K-m et Sigma APO macro 70-210, et des accus, toujours des accus....
K-m et Pentax SMC F 50mm f1.7