Test 85 mm : 7 objectifs spécial portrait
Deuxième partie : Bokeh et Portrait
Pentax FA* 85/1.4 ; Pentax A* 85/1.4 ; Pentax FA 77/1.8 Ltd ; Pentax DA* 50-135/2.8  
 face aux Carl Zeiss Planar 85/1.4 ZF ; Samyang 85/1.4 et Leica-R Summilux 80/1.4

Suite et fin du test comparatif des 85 mm sur Pentax K20D commencé ici (vignetage, distorsion, aberrations et définition). Je présente ici des vues comparatives de 2 scènes, la première pour juger du Bokeh (qualité de flou des arrières-plans) avec Maître Hibou, la seconde pour juger du rendu en portrait humain avec comme modèle Marjo que je remercie vivement pour sa grande patience et sa disponibilité !

 

On peut commencer ce comparatif en démontrant les avantages qu’apportent des grandes ouvertures de diaphragme (f1.4/f2) par rapport aux ouvertures standards f2.8/f3.5 que l’on rencontre sur les meilleurs zooms.

Plus l’image est affichée en réduction et plus grande est la différence de bokeh ! Point important pour les expositions de photo sur le web... Sur un grand format papier de 50x75, le bokeh d’un zoom à f2.8 sera très harmonieux comme on le voit sur le détails ci-dessus à 100%. Mais l’ouverture de f1.4 à la focale de 85mm apporte un velouté unique qui justifie l’investissement !

 

Autre comparaison parlante, ci-dessous, avec pour le même objectif, des valeurs d’ouverture de f1.4 à f8.

On pourra se convaincre aisément que la recherche du piqué n’est pas une fin en soi au niveau du portrait ! Avec des objectifs performants, les défauts de peau les plus infimes seront mis en avant et le portrait sera parfois peu apprécié du modèle ou du public. A tel point qu’on a créé des filtres « soft » dédiés au portrait pour adoucir les petits détails sans détruire le piqué. Citons également l’existence du Pentax SMC 85/2.8 Soft qui incorpore un filtre adoucissant, efficace dès la pleine ouverture et dont l’effet disparait en diaphragmant.

Test de Bokeh en studio

Nous avons gardé notre procédure pour le test de Bokeh, avec Maître Hibou placé à 3.5 m du plan focal, la stèle de pierre disposée derrière à +0.8 m et la mire en fond à encore +0.7 m soit un total de 5 m de profondeur.

La mire permet de constater le jeu des aberrations chromatiques dans les zones de flou. Sur le terrain, l’utilisateur exigeant remarque souvent que les aberrations sont présentes dans ses bokeh aux grandes ouvertures et c’est parfois d’une gêne assez forte.

Comme les mises au point ont été faites manuellement, il existe des écarts parfois significatifs dans les détails reproduits ci-dessous (encadrés en rouge sur la vue réduite de gauche). Aussi, après avoir montré le comparatif de tous les objectifs aux deux plus grandes ouvertures, nous présenterons aussi des montages par objectif pour juger de leurs performances en elles-mêmes.

Nous pouvons déjà noté la différence assez visible de bokeh entre un 85/1.4 et le FA 77/1.8 : avec une focale moins longue et une ouverture plus modeste, son onctuosité est moindre et ses dégradés sont beaucoup plus tranchants. Les Zeiss et Samyang ont une zone de netteté équivalente dans ce test et un rendu de bokeh quasiment identique. Le Zeiss présente cependant des couleurs plus lumineuses. C’est plutôt pas mal pour le petit coréen bas de gamme ! Le Leica garde toujours un avantage dans le rendu des couleurs avec des détails très croustillants dès f1.4 dans la zone de netteté (observez le poil de poussière à f1.4 que même le FA*, qui a la même zone de net, ne parvient pas à reproduire !). Le A* a focalisé un peu en retrait et est donc désavantagé sur ce test mais il ne perd rien pour attendre car vous verrez son piqué explosif plus bas dans la séance de portrait humain !

 

Je vous propose à présent de reprendre les mêmes vues pour chaque objectif à f1.4 mais avec plus de détails pour juger de leur rendu global, après une légère correction de l’exposition et de la balance des blancs dans Silkypix.

Hé, hé, hé ! Et si c’était le Samyang qui tirait ici le mieux son épingle du jeu... ;)) En fait, à mon oeil, c’est Le Zeiss qui est le moins mauvais (ou le plus mieux !) car il présente moins d’aberrations que les autres, alterne avec bonheur le piqué et le bokeh et possède surtout le rendu de couleurs le plus neutre, le plus fiable. Et le Samyang a un comportement très voisin : il est même un peu plus diffus dans le bokeh, avantagé en cela par son vignetage et son manque de résolution dans les bords du champ. Il pèche surtout par son rendu de couleur assez approximatif : comparez la tonalité de ses « plumes » avec celle du Leica...

Je pense que l’utilisateur du Samyang aura tout intérêt à tester son exemplaire en studio, face à une charte colorée bien éclairée et une balance des blancs bien calée, pour noter ensuite les réglages de correction à apporter ensuite à toutes ses images dans la reproduction des couleurs. Le possesseur d’un Zeiss n’aura pas ce genre de souci  (mais il en aura payé le prix !).

 

Chez Pentax c’est le FA 77, de construction plus récente il est vrai que les A* et FA*, qui présente le meilleur rendu des couleurs. Les deux autres sont plus chauds (jaunes) mais ce n’est pas désagréable en situation de portrait comme on le verra plus bas. J’ai aussi noté parmi toutes les images du test que le A* est vraiment très constrasté dès les grandes ouvertures ! Le FA* en comparaison l’est un peu moins avant f2.8.

Test comparatif en portrait

Cette dernière étape du test est la plus intéressante : le portrait humain ! Dans un premier temps, je vais présenter des vues réduites à 640 pixels de chaque objectif à f1.4 pour juger globalement de leur rendu. Chaque image a été légèrement corrigée dans Silkypix au niveau de l’exposition et du contraste pour obtenir un histogramme équilibré que je reproduis à côté des vues. Cela permet de tirer le meilleur de chaque objo comme un photographe expert le ferait dans sa pratique personnelle. Le taux de pixelisation et de compression des images réduites a été le même pour tous les objectifs afin que leurs performances intrinsèques soient respectées.

A partir de ces réglages, indispensables pour l’affichage sur le web, on pourra apprécier les qualités et les défauts de chaque concurrent selon ses goûts personnels. La balance des blancs n’a pas été retouchée, elle est donc le reflet fidèle du comportement de notre K20D avec ces focales fixes.

Encore une fois, pour les départager, tout est affaire de goût personnel ! On aimera peut-être le rendu froid des Pentax FA 77 et A*, le rendu plus chaud des Zeiss ou Samyang, le rendu plus neutre des Leica et FA*... Personnellement, ce sont ces 2 derniers qui me parlent le plus, avec en bonus pour le FA* son confort de l’autofocus et pour le Leica son prestige esthétique...

 

Pour finir, comme il était peu pertinent de placer côte à côte des détails de vues différentes, modèle vivant et bougeant oblige !, il m’a semblé plus judicieux de présenter pour chaque objectif les portraits qu’il a réalisés à f1.4, f2 et f2.8 afin de constater l’amélioration de ses performances. Pour chaque image, j’ai rectifié l’exposition dans Silkypix pour obtenir le meilleur histogramme possible.

Place aux images, en espérant que vous avez une bonne bande passante car les montages sont fournis en pixels ! ;)

Voilà ! Vous savez tout !

 

Le Pentax A* a brillé par l’explosivité de son piqué, j’avais rarement vu ça en 24 années de parcours photo... Mais il est si rare en occasion qu’il faudra accepter d’en payer le prix fort si on souhaite accéder à ce Nec plus ultra de Pentax. Il faudra aussi peut-être l’utiliser avec un bon filtre B&W soft, bien classé dans les tests de Chasseur d’images, pour les séances de portrait serré, de peur de faire fuir vos modèles qui ne supporteraient pas de voir leur visage sous une telle loupe intransigeante !

 

Le FA* s’est montré fidèle à l’expérience que j’avais de lui : performant dès la pleine ouverture grâce à son autofocus précis et très piqué en fermant un peu. C’est sans doute L’OBJECTIF idéal de ce comparatif pour des séances de portrait efficaces, agréables et créatives.

 

Les Zeiss et Leica ne décevront jamais leurs utilisateurs. J’ai beaucoup aimé le modelé de leur contraste tout au long de ce test, avec un petit plus pour les couleurs du Leica. On devra cependant accepter des tarifs bien élevés et une mise au point pas facile pour jouer avec ses cailloux de prestige. Tout dépend de votre boitier. Avec un apn au viseur riquiqui, sans stigmomètre, mieux vaut passer son chemin. On les appréciera bien mieux avec un viseur 100% comme celui du K7 ou mieux encore dans le viseur FF du D700, en attendant que Pentax sorte (enfin !) le sien ! (pas taper, pas taper ! ;))...)

 

Le FA 77 Ltd reste la seule alternative facile à trouver pour le beau portrait autofocus en Pentax. Son concurrent direct DA 70/2.4 n’a pas un bokeh aussi crémeux et ne peut rivaliser à ce niveau. Le DA* 55/1.4 est un peu plus court en focale et on travaille donc plus près du sujet, soit 1 à 2 m de moins qui font parfois toute la différence en séance de pose.

 

Et le Samyang me direz-vous ? Je le gardais pour la fin ! C’est finalement l’excellente surprise de ce test comparatif. A 250€ port compris (et même moins !) il fait tout plutôt bien comme ses grands frères. Il sera parfois un peu enrhumé en terme de rendu des couleurs et d’aberrations chromatiques, mais on pourra le moucher à l’occasion en post-traitant sur ordinateur. Je sens que les ventes en monture Pentax vont exploser via la Pologne, mais ce n’est que justice car rien d’autre n’existe à ce prix-là en neuf pour Pentax.

 

En vous remerciant pour vos visites, je vous souhaite de trouver facilement l’objectif à bokeh qui vous attire le plus et vous laisse avec quelques belles images de Fourmix faites sur Pentax K10D avec le Zeiss 85/1.4.

 

A +

© Lazare.Caspi - www.monuniverspentax.com - Fev 2010